L'Enfer, c'est les Autres, You gotta look at yourself and make a change

La pilule rouge est-elle si difficile à avaler ?

red pill

       Ne pas terminer de classiques ? C’est ma spécialité. Durant toutes mes simulations d’entretiens pour entrer en école de commerce, j’ai expliqué à quel point Frédéric Moreau était une grande inspiration… Alors que j’ai rendu l’Education sentimentale au CDI du lycée avant de dépasser le tiers du livre. Je ne sais toujours pas ce qui se passe après que Dark Vador dise « je suis ton père » à Luke. Et je parle sans cesse de la fameuse pilule rouge du militantisme… Alors que je me suis endormie devant Matrix. Peut-on s’identifier à quelque chose que l’on ne connait pas ? Il faut croire que oui.
Lorsque j’étais plus jeune, et ce jusqu’en classe préparatoire, j’ai toujours eu peur d’avoir un avis. « Je suis la Suisse », était mon justificatif préféré. Le meilleur moyen de toujours faire consensus. Ce que je ressentais ? Qu’importe. Ce qui comptait, c’était que les autres soient à l’aise. Un jour, une amie de lycée m’avait reproché de ne pas oser m’affirmer… et je n’ai pu que me retenir de pleurer. Je n’avais qu’un souhait : vivre en paix, sans avoir à être troublée. Et pourtant… La phrase de Morphéus à Néo m’a tant marquée (j’étais encore réveillée à ce moment-là) qu’elle reste encore une de mes citations préférées :
« Tu  sais quelque chose. Tu ne peux pas l’expliquer, mais tu le ressens. Tu l’as senti toute ta vie, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le monde. Tu ne sais pas ce que c’est, mais tu le sens, comme une aiguille dans ton esprit, qui te rend fou ».
Alors oui, il ne s’agit pas de la Matrice. Mais le principe est le même. Etre noir, c’est subir le racisme. Etre une femme, c’est subir le sexisme. Il est possible de le nier… Mais pas de s’en débarrasser. Alors, je n’ai pas eu le choix. J’ai pris la pilule rouge, et je me suis renseignée sur le militantisme. Quitte à subir les oppressions, je préfère encore avoir les armes pour me protéger. Même si c’est plus difficile, plus fatigant. Je ne retournerai pour rien au monde à mon aveuglement précédent.

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You gotta look at yourself and make a change, You is kind, you is smart, you is important

Vous voulez dire que tous les noirs ne savent pas danser ?!

       coach, dance, dancing

       Lundi. 17h05. Station de métro berlinois. En jogging moulant à rayures orange fluo (parce que la discrétion, ça n’est pas pour moi), j’attends le U-Bahn qui me mènera jusqu’à mes cours débutants de modern-jazz et de danse afro-contemporaine. J’y serai la seule noire. Parce qu’après tout, comme me disait une consoeur française peut-être maladroite mais quand-même bien raciste il y a deux semaines quand j’ai évoqué ces cours, « Bouger ton cul, t’as ça dans le sang, pas vrai ? Les noirs savent vraiment tous faire ça ! » Et la réalité a semblé lui donner raison, parce que la seule autre femme noire du cours d’afro est partie au bout d’un cours, car c’était évident… Elle n’avait rien à apprendre là-bas. Ça devrait également être mon cas, n’est-ce pas ?
Si seulement. J’aime la musique qui fait PomPomPom, pourtant. Celle qui donne envie de bouger ses fesses en rythme (et ce, même quand ça implique des propos sexistes. Parfois, je veux juste faire reposer mon militantisme pour chanter du Chris Brown). La danse est un art sublime… et un excellent moyen de séduction. Qui peut résister à un danseur ou une danseuse ? Mais quand c’est moi qui doit bouger, c’est bien plus compliqué ! Car malheureusement… Je suis une noire qui ne sait pas danser.

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Entre Peter Pan et le Capitaine Crochet, je refuse de choisir

England, London, Hyde Park, Statue of Peter Pan : Photo

       J’ai toujours adoré les enfants. Pour des raisons évidentes. Ils sont mignons, ont la peau toute douce, des grosses joues qu’on ne peut que couvrir de bisous… Et quand ils s’accrochent à moi avec leurs petites mains, mon cœur s’emplit de joie. (Sauf quand ils ont plus de 10 ans et font déjà presque ma taille. Mon dos !)
Je n’aime pas tous les enfants du monde, évidemment. Ceux de ma famille (et mes louveteaux, bien qu’à moindre mesure évidemment) prennent déjà bien trop de place. J’ai toujours chéri les relations que j’ai pu nouer avec eux. Ce sont des relations si pures, si simples, si honnêtes ! Etre à leurs côtés me fait tellement de bien. Indépendamment de mes plus grosses périodes de déprime cette année, mes obligations scoutes m’ont contrainte à consacrer toute mon énergie à une quinzaine de petits monstres dans une forêt de Normandie, et ce pendant un week-end minimum chaque mois. Même quand j’avais passé la nuit précédente à dormir 3 heures à cause de cauchemars et de crises de panique. Résultat, je rentrais de chaque sortie épuisée physiquement, mais ressourcée mentalement. Si seulement on m’avait dit plus tôt que soigner un panaris et servir des raviolis en boite chauffés au feu de bois était l’un des meilleurs traitement contre la dépression ! J’en aurais gagné, du temps. Lire la suite « Entre Peter Pan et le Capitaine Crochet, je refuse de choisir »

Failure isn't fucking up, it's giving up, You gotta look at yourself and make a change

Changer de cap, et se laisser porter par la vague

White and Black Sail Boat on Ocean

       Un jour, un ami à moi m’a demandé ma raison de vivre. Au moment de lui répondre, je me suis rendue compte que dans les faits… je n’en avais pas toujours. Parfois, c’est la peur de la mort qui me fait avancer. Ou alors, la peur de blesser mes proches. Mais ma réponse de l’époque fut tout autre. La principale raison, c’était qu’en fait… Eh bien, la vie, ça n’était pas si mal ! Comme je fonctionnais telle un cycle économique, mes phases de dépression finissaient toujours par être suivies de phases d’expansion. Au moment où j’ai répondu à la question de mon ami, j’enchaînais continuellement ces deux phases. Pourtant, lorsque j’allais mal, il était difficile de me dire que si je tenais une, deux, trois ou quatre semaines de plus, ça irait mieux… A l’inverse, quand j’allais mieux, je niais l’existence même des périodes creuses.
Mais, depuis bientôt deux mois, j’ai tout simplement décidé de changer de cap. J’ai arrêté de raisonner en termes de phases positives et négatives. De gains et de pertes. Plutôt que de me voir comme une personne différente à chaque fois, j’ai décidé d’accepter ma dualité, de me laisser porter, et de me servir de mes bons comme de mes mauvais moments pour avancer. Et j’ai découvert avec joie que ça m’allait tellement mieux !

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Pourquoi apprendre l’allemand ? Pour se valoriser.

       silver and gold coin

       La langue de Goethe est mon premier amour. Non pas que ça m’amuse d’apprendre les déclinaisons, les verbes irréguliers, ou de parler une langue où la petite fille est genrée au neutre. Mais parce que déjà, j’aime l’Allemagne et les Allemands, et il faut bien parler leur langue pour communiquer avec eux et lire leurs livres (Cornelia Funke dans mon <3). Ensuite, parce que j’ai un rapport très spécial avec l’Allemagne : j’ai commencé l’allemand avant mes 6 ans, et chaque année passée sans aller outre-Rhin est pour moi une année perdue  : en 22 ans, ça a dû arriver moins de 5 fois, et je retourne avec joie y vivre un semestre à la rentrée. Mais surtout, parce que l’allemand sait trouver les mots pour me toucher.

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L’amour dure 3 ans

Time sablier

       Trois ans. Trois ans que j’ai écrit mon premier article sur ce blog. J’aimerais pouvoir fièrement fêter ce 3e anniversaire, mais malheureusement, étant fidèle à moi-même, je n’ai pas tenu plus de 4 mois avant de disparaître dans les méandres d’internet.
Trois ans, c’est très long. Entre-temps, j’ai énormément changé. J’ai terminé mon année de cube (j’aurais aimé pouvoir dire sereinement, mais disons que j’ai survécu, en réussissant mes concours, c’est l’essentiel non ?), intégré une école, et j’ai raté ma première année, une fois, puis deux. Mais, j’ai aussi grandi, et, j’oserais-je même dire, mûri. Sans compter que certaines choses ne varient jamais : je suis toujours un monstre de procrastination, et en termes de bazar, je dirais que c’est même pire !

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